Un jour à la campagne
Je vis une belle femme
Au chapeau de paille
Qui fut une fine lame
Elle fendit mon cœur d’un coup
D’un seul regard
Avec ses yeux noirs
Et son sourire à trou
De soleil par son chapeau
Elle était sur sa bicyclette
Je la trouvais plus que chouette
Elle me fit signe de la suivre
Alors pour continuer de vivre
Je courus derrière elle
Elle était si belle
A chaque coup de pédales
Sa robe volait
Et je découvrais chaque doigt de pied
Comme on admire chaque pétale
Ils brillaient au soleil
Et quand une voiture nous doubla
Je découvris ses genoux
Immédiatement j’en rêvai
C’est, du monde, la 7ème merveille
Un reflet brillait sur son visage
Je compris plus tard
Que c’était les rayons de ses roues
Qui brillaient de part en part
Elle est si belle et sans âge
Elle s’arrêta à côté d’un puit
J’eus peur qu’elle fuit
Le soleil brillait sur sa robe à fleur
Elle remonta un sceau
Et dans un éclat de rire
Me le jeta, me voilà très sot
S’en suit une bataille d’eau
Qui dura, dura, dura
Soudain elle s’interrompa
Laissa tomber le sceau
Elle a un don pour me rendre sot
Elle prit alors ma main
Je la trouve étrange
Mais elle a un corps si fin
Elle me conduit dans une grange
Sa robe colle à sa peau
Et dessine légèrement son corps si beau
Le soleil en a fini de briller
Il luit désormais
Sur ses cheveux mouillés
Collant à ses joues
En passant sur ses yeux
Pour la 1ère fois j’entends alors ses mots
Elle dit qu’elle aime mes cheveux
Tout en enlevant ma chemise
Elle trouve mon torse beau
Je fis glisser sa robe le long de sa peau
Et quand je vis le soleil qui luisait
Grâce à l’eau qui ruisselait
Lui faire plaisir devint ma devise
Nous voilà allongés nus dans la paille
Nous fîmes l’amour
D’un amour qui rime autant avec court qu’avec toujours
Allongés dans la paille
Nos corps s’enlacent
Et de plaisir tressaillent
Nos lèvres s’embrassent
Et à cette heure
J’ai su ce qu’est le bonheur
Lorsque s’emmêlent nos langues
Lorsque nos peaux s’effleurent
Tel un bateau je tangue
Je rêve de sa fleur
Moi qui n’étais qu’un saule- pleureur
Elle redonne le sourire aux larmes
Aujourd’hui je dépose les armes
Le temps dira si je chavire
Face à son charmant rire
Puis dans le crépuscule
Nous voilà en train de parler
Nous voilà en train de rigoler
Nos corps nus dans la paille
Il n’y a que son corps qui m’aille
Elle me dit qu’avec moi il a chaud
Mais elle a soudain froid
Alors mieux qu’un pull
Je lui fis l’amour
Et la mis en émoi
Et la mis en chaleur
Pour toutes les heures
Je l’enveloppe dans mes bras
Elle se blottit contre moi
Lorsque vint le soleil de l’aurore
Je vis ses cheveux et son corps
Se transformait en or
Nous partîmes tous les deux à vélo vers la bonheur.